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L'été japonais est absolument magnifique.
Mais voilà, le bleu du ciel est par trop intense
pour ne susciter qu' une envie de farniente.
Si l'été ne manque pas de chanter la joie d' être ici-bas
il se présente aussi comme une invitation à méditer la mort.
C'est en cette saison que, suivant la tradition,
les japonais vont à la rencontre de leurs morts;
que les défunts, pour être plus précis,
nous font l'honneur de revenir dans ce monde.
Les innombrables fêtes qui émaillent l'archipel durant les beaux jours,
sont ainsi autant de moments où s'organisent les retrouvailles
entre les vivants et les morts.
Chichi to kuraseba , la pièce de Isashi Inoue
dont le réalisateur Kazuo Kuroki vient de faire un film
admirable de simplicité et de tendresse
raconte une telle rencontre, entre un père
terrassé par le souffle atomique à Hiroshima
et sa fille qui, n'ayant pu le sauver, souffre d'avoir survécu.
C'est le père, un mort pour ainsi dire bien vivant,
qui viendra apporter les réponses à sa fille.
Les disparus ne doivent pas mourir une seconde fois,
cette fois-ci dans nos cœurs...
Entendons nous toujours leurs mots,
leurs cris, leurs prières?
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