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La création contemporaine est-elle nulle? Elle se présente en tout cas comme une fin de série, affirme le critique britannique Ben Lewis. Tout comme le firent en leur temps le maniérisme au XVIme siècle, l'art rocaille d'un Boucher ou l'académisme d'un Bouguereau.
" ...Peu après la fin du du XIXme siècle, le marché de la peinture académique s'est effondré. Au lieu de valoir des millions, les tableaux se vendaient quelque centaine de livres. Quelques collectionneurs s' étaient déjà tournés vers la scène artistique alternative de l'époque - Edouard Manet, Gustave Courbet, Edgar Degas et les impressionnistes. Ces artistes étaient exposés et collectionnés en leurs temps - même s'ils ne l'étaient à la même échelle
ni accompagnés du même battage que les artistes du Salon.
Mais, contrairement à celle des artiste du Salon, la réputation de ces
artistes "alternatifs" survit encore aujourd'hui.
Depuis dix ans il y a eu des artistes inspirés et importants, tout comme il y en avait à la fin du XIXme siècle. Afin de les voir, nous devons admettre qu'une grande part de la production notoire de la dernière décennie a manqué d'imagination, était répétitive, stéréotypée, cynique, mercenaire.
Pourquoi attendre que les générations futures repoussent cet art de la célébrité, du grandiose et de l'argent? Adressons-nous à ces artistes, à
leurs protecteurs milliardaires et à leur conservateurs branchés en
paraphrasant Trotzky, pour leur dire: " Vous êtes des individus pitoyables
et isolés. Vous êtes des ratés. Votre rôle est épuisé. Allez là où est
désormais votre place: dans les poubelles de l'histoire de l'art."
extrait de l'article
"So kitsch" et si narcissique - par Ben Lewis -
paru sur le Courrier International No 1030
29 Juillet-18 Août 2010
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