...il me semble que l'existence est un rêve, un rêve d'enfant. Je veux dire, elle n'a été belle que dans la forme sous laquelle elle nous est apparue, sous laquelle on a rêvé quand nous étions enfants. Mais, plus on avance dans la vie et plus ce rêve se dissipe. Plus on avance dans la vie, plus l'avenir se dérobe. Je crois que celles et ceux qui ont le sentiment qu'il leur arrive quelque chose, ne sont pas sortis de l'illusion. Or, les illusions si pleines de charme lorsqu'elles surgissent dans la tête d'un enfant, perdent progressivement leur grâce jusqu'à devenir totalement obscènes au fur et à mesure que l'enfant grandit et que l'âge vient. Autant les rêves d'enfant sont merveilleux, autant les ambitions d'adulte sont extravagantes et pitoyables car là, commence la carrière.. Celles et ceux qui tiennent à faire carrière, c'est à dire réaliser leurs ambitions, c'est à dire à imposer aux autres leur besoin de se distinguer, m'inspirent le plus profond dégoût et me gâchent le simple plaisir que j'avais simplement à exister. Finalement la révolution ça devrait être ça : l'abolition des privilèges entendus comme l'abolition des ambitions démesurées et disgracieuses, parce qu'elles sont démesurées. Et si la politique consiste à chercher le meilleur moyen de faire société, alors je me pose la question de savoir comment faire société avec tous ces imbéciles qui ne sont mû que par le désir extravagant de conquérir le pouvoir.
boite à messages de «là-bas si j’ y suis» - 6 janvier 2012